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Ethique et bénévolat Version imprimable

Groupe de travail Ethique et bénévolat d’accompagnement


Pourquoi engager une réflexion éthique du bénévolat d’accompagnement ? Il y a des raisons qui tiennent à l’évolution même de ce type de bénévolat, d’autres qui relèvent de l’évolution de notre société.

L’évolution du bénévolat d’accompagnement

Cette forme d’engagement existe depuis une vingtaine d’années. A ses débuts, le bénévolat d’accompagnement était hésitant et avait du mal à trouver sa place parce que les premières associations étaient isolées : la première enquête sur le bénévolat (réalisée en 1990 par la SFAP) dénombrait alors 62 associations totalisant 530 bénévoles. Mais assez vite, grâce au rôle fédérateur de la SFAP,  ces associations ont pu partager leur vécu, leur expérience et bâtir un socle de réflexion commune. L’identité du bénévolat d’accompagnement s’est alors affirmée progressivement et son rôle s’est précisé jusqu’à sa reconnaissance officielle par la loi du 6 juin 1999. Dans ce texte, le législateur a clairement manifesté son intention d’impliquer la société dans l’accompagnement des personnes à la fin de leur vie. Il a reconnu aux citoyens cette fonction d’accompagnement spécifique, complémentaire à celle des soignants. Gens de la cité, promoteurs d’une nouvelle solidarité sociale autour de la mort, les bénévoles se doivent de s’interroger sur les fondements et les dimensions éthiques de leur engagement.

Pour intervenir auprès des personnes malades ou en fin de vie, la loi impose que les bénévoles d’accompagnement fassent partie d’une association. Le rôle de ces dernières s’en trouve conforté. Garantes du comportement de « leurs » bénévoles, elles engagent leur responsabilité et se trouvent nécessairement impliquées dans une démarche éthique. Au-delà de leurs spécificités, elles s’appuient sur des valeurs fondamentales communes. Aussi convient-il de s’interroger sur la cohérence éthique des associations.
En outre, la mise en place de nouveaux lieux d’accompagnement (comme réanimation, urgences, longs séjours, maisons de retraite, EHPAD) pose aux associations et aux bénévoles de nouveaux questionnements et de nouveaux enjeux. Nécessitant davantage de compétences, notamment face à la complexité de certaines situations, les bénévoles ont développé une conscience plus aiguë de leur positionnement face aux autres acteurs d’accompagnement : professionnels de la santé, famille, institutions…

L’évolution de notre société

Depuis quelques années le questionnement éthique semble envahir la plupart des domaines de la vie sociale. Ne parle-t-on pas « d’éthique » de la consommation, de l’économie, de la politique, du sport ? Dans le domaine de la santé, le questionnement est présent dans toutes les branches des sciences et techniques biomédicales. Les questions liées à la fin de vie, alimentées par le débat sur l’euthanasie, sont un champ de réflexion largement ouvert aux acteurs de soins mais aussi au grand public, et pas uniquement à travers le filtre médiatique ou les postures politiciennes.

Cette réflexion est balisée par le droit des malades et des personnes en fin de vie qui fixent un certain nombre de règles (droit de refus de traitement, droit de « laisser venir la mort »). Les principes posés permettent aux personnes concernées (et en particulier aux professionnels de soins, et aux bénévoles) de rechercher la meilleure solution à une situation critique. Ils créent en même temps l’obligation morale de les appliquer et de s’y conformer. En matière d’accompagnement, cette obligation ne crée t-elle pas de nouvelles exigences ? Le bénévolat d’accompagnement revêt-il une dimension éthique qu’il n’aurait pas eue auparavant ?
Les situations difficiles qui soulèvent un questionnement éthique ne sont pas nouvelles pour les bénévoles d’accompagnement. L’originalité tient aujourd’hui au fait que le bénévolat se doit d’élaborer un positionnement éthique propre à sa spécificité, reconnue en tant que telle, aux côtés et en lien avec les professionnels du soin et les aidants naturels.

Proposer des repères face aux questions

Face à ces enjeux, la SFAP a approuvé la création un groupe de travail, sous l’impulsion du Collège des Associations de Bénévoles d’accompagnement (CABA). Le but de ce groupe de travail n’est pas d’élaborer une éthique du bénévolat d’accompagnement en rédigeant un recueil de bonnes conduites. Son objectif est d’ouvrir des pistes de réflexion à l’intention des responsables associatifs et des bénévoles eux-mêmes ; il entend proposer des repères face à des situations qui amène un questionnement éthique. Ce travail part de situations que tout bénévole peut être amené à rencontrer : ce sont des cas vécus, analysés à travers une grille de lecture dont le but est de déterminer sur quel point de la situation on peut élaborer un positionnement éthique valable pour tous.

La présentation des cas sera précédée par une réflexion plus générale ayant pour objet de délimiter le champ éthique du bénévolat d’accompagnement, c'est-à-dire les conditions dans lesquelles il s’exerce. Quels sont ses contours et ses limites ? Une délimitation du « contenant » en quelque sorte, les cas vécus et leur « remontée éthique » étant le contenu.

Ce travail devrait être finalisé et soumis au Conseil d’administration de la SFAP fin 2007. Un « noyau dur » de participants a été constitué fin 2005. Dans un premier temps, il devrait s’élargir à toute personne intéressée par la démarche et qui, par son expérience ou ses connaissances, peut apporter une contribution active à la réflexion.


Nous contacter :

Appel à témoignage
Le groupe de travail « Ethique et bénévolat d’accompagnement » recherche

des cas vécus par des bénévoles leur ayant posé un problème éthique ou touchant à l’éthique.

Pour obtenir davantage d’informations ou nous adresser vos témoignages, vous pouvez nous contacter à Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

A votre disposition : 

(documents téléchargeables en pdf ou liens)

 

 

 

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