Les échelles de la douleur -Adulte - Echelles d’hétéro évaluation

Chez l'adulte
 

  • B.    Echelles d’hétéro évaluation
    • a)    Algoplus : Echelle d’évaluation comportementale de la douleur aiguë chez la personne âgée présentant des troubles de la communication verbale
      L’échelle Algoplus a été spécifiquement développée pour évaluer et permettre la prise en charge des douleurs aiguës chez un patient âgé pour tous les cas où une auto évaluation fiable n’est pas praticable (troubles de la communication verbale).
      Consignes d’utilisation : L’utilisation d’Algoplus est particulièrement recommandée pour le dépistage et l’évaluation des :
       • pathologies douloureuses aiguës (ex : fractures, zona, post-op, ischémie, lumbago, rétentions urinaires…),
      • accès douloureux transitoires (ex : névralgies faciales, poussées douloureuses sur cancer…), • douleurs provoquées par les soins ou les actes médicaux diagnostiques.
      L’échelle comporte cinq items (domaines d’observation). La présence d’un seul comportement dans chacun des items suffit pour coter « oui » l’item considéré.
      La simple observation d’un comportement doit impliquer sa cotation quelles que soient les interprétations étiologiques éventuelles de sa pré existence.
      En pratique, pour remplir la grille, observer dans l’ordre : les expressions du visage, celles du regard, les plaintes émises, les attitudes corporelles et enfin le comportement général.
      Chaque item coté « oui » est compté un point et la somme des items permet d’obtenir un score total sur cinq. Un score supérieur ou égal à deux permet de diagnostiquer la présence d’une douleur et donc d’instaurer de façon fiable une prise en charge thérapeutique antalgique. Il est ensuite nécessaire de pratiquer régulièrement de nouvelles cotations. La prise en charge est satisfaisante quand le score reste strictement inférieur à deux.
      Erreurs fréquemment rencontrées : Difficultés de repérage :
      • Agrippement doit être coté « oui » quelque soit le support d’agrippement (patient lui-même, soignant ou tout autre support).
      Cotation en fonction d’une interprétation étiologique du signe et non pas sur sa simple présence, par exemple :
      • l’item « plaintes » coté « non » parce que le cri du patient est attribué à la démence ou parce que le patient crie depuis longtemps.
      • l’item « comportements » coté « non » parce que l’agrippement à la barrière de protection est attribué à la peur de tomberConsulter le site dédié AlgoPlus et télécharger l'échelle.
       
    • b)    Doloplus : Evaluation comportementale de la douleur chez la personne âgée
      Tout changement de
      comportement chez une personne âgée doit faire évoquer la douleur
      L'utilisation nécessite un apprentissage Comme pour tout nouvel outil, il est judicieux de l'expérimenter avant de le diffuser. Devant tout changement de comportement, le soignant pensera à utiliser l'échelle.
      Le temps de cotation diminue avec l'expérience (quelques minutes au maximum). Lorsque c'est possible, il est utile de désigner une personne référente dans une structure de soins donnée.
      Coter en équipe pluridisciplinaire de préférence. Que ce soit en structure sanitaire, sociale ou à domicile, la cotation par plusieurs soignants de profession différente est préférable. La cotation systématique à l'admission du patient servira de base de référence.
      A domicile, on peut intégrer la famille et les autres intervenants, en s'aidant d'un cahier de liaison, du téléphone, voire d'une réunion au lit du malade. L'échelle est à intégrer dans le dossier « soins » ou le « cahier de liaison ».
      Ne rien coter en cas d'item inadapté.
      Il n'est pas toujours possible d'avoir d'emblée une réponse à chaque item, en particulier face à un patient inconnu dont on n'a pas encore toutes les données, notamment sur le plan psychosocial. On cotera alors les items possibles, la cotation pouvant s'enrichir cependant au fil du temps.
      Les comportements passifs sont moins frappants mais tout aussi parlants et importants que les comportements actifs ; par exemple, les troubles du comportement peuvent s'exprimer sur un mode hyperactif, tel que l'agressivité inhabituelle, mais aussi sur un mode de repli.
      La cotation d'un item isolé n'a pas de sens : C'est le score global qui est à considérer. Si celui-ci se concentre sur les derniers items, la douleur est peu probable.
      Ne pas comparer les scores de patients : La douleur est une sensation et une émotion subjective et personnelle. La comparaison des scores entre patients n'a donc aucun sens. Seule l'évolution des scores d'un patient donné nous intéresse.
      Établir une cinétique des scores : La réévaluation sera quotidienne jusqu'à sédation des douleurs puis s'espacera ensuite en fonction des situations. Établir une cinétique des scores en la faisant apparaître sur la feuille de soins (au même titre que la température ou la tension artérielle) sera un argument primordial dans la prise en compte du symptôme et dans la mise en route du traitement.
      En cas de doute, ne pas hésiter à faire un test thérapeutique antalgique adapté : On admet qu'un score supérieur ou égal à 5/30 signe la douleur. Pour les scores inférieurs à ce seuil, il faut laisser le bénéfice du doute au malade ; si le comportement observé change avec la prise d'antalgique, la douleur sera donc incriminée.
      L'échelle cote la douleur, et non la dépression, la dépendance ou les fonctions cognitives : Il existe de nombreux outils adaptés à chaque situation, et il est primordial de comprendre que l'on cherche à repérer les changements de comportement liés à une éventuelle douleur. Ainsi, pour les items 6 et 7, on n'évalue pas la dépendance ou l'autonomie, mais bien la douleur.
      Ne pas recourir systématiquement à l'échelle DOLOPLUS :  lorsque la personne âgée est communicante et coopérante, il est logique d'utiliser les outils d'autoévaluation. Cependant, au moindre doute, l'hétéro-évaluation évitera la sous-estimation. Consulter le site dédié DoloPlus et télécharger l'échelle.
    • c)    Evaluation comportementale de la douleur chez la personne âgée (ECPA)
      Tous les mots de l’échelle sont issus du vocabulaire des soignants sans intervention de médecins.
      L’échelle comprend 8 items avec 5 modalités de réponses cotées de 0 à 4.
      Chaque niveau représente un degré de douleur croissante et est exclusif des autres pour le même item.
      Le score total varie donc de 0 (absence de douleur) à 32 (douleur totale)
      Conseils d’utilisation :  Les études statistiques de l’ECPA autorisent la cotation douloureuse du patient par une seule personne. Le vocabulaire de l’échelle n’a jamais posé de problèmes dans les centres où elle a été utilisée.
      Le temps de cotation varie selon l’entraînement du cotateur, mais oscille entre 1 et 5 minutes. La seule mais indispensable précaution est de coter la dimension « Observation avant les soins » réellement avant les soins et non pas de mémoire après ceux-ci. Il y aurait alors contamination de la deuxième dimension sur la première. La cotation douloureuse n’a pas de cadre restrictif : on peut coter à n’importe quel moment et la répéter.
      Source Dousopal, télécharger l'échelle.
       

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